Plafonds micro-entreprise 2026 : 203 100 € et 83 600 €

09/10/2026 · Micro-entreprise

En 2026, le plafond de chiffre d’affaires du régime micro-entreprise est de 203 100 € pour la vente de marchandises, la restauration et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Ces plafonds ne se confondent pas avec les seuils de TVA, qui sont plus bas. Un dépassement n’entraîne pas toujours une sortie immédiate du régime : tout dépend du nombre d’années concernées.

Les deux plafonds de chiffre d’affaires en 2026

Le régime micro-entreprise (micro-BIC pour les activités commerciales et artisanales, micro-BNC pour les professions libérales) est ouvert tant que votre chiffre d’affaires annuel reste sous un plafond. Ce plafond dépend de la nature de votre activité.

Nature de l’activité Plafond 2026 Cotisations micro-sociales Versement libératoire (option)
Vente de marchandises, restauration, hébergement 203 100 € 12,3 % 1 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 83 600 € 21,2 % 1,7 %
Professions libérales non réglementées (SSI) 83 600 € 25,6 % 2,2 %
Professions libérales relevant de la CIPAV 83 600 € 23,2 % 2,2 %

Les cotisations sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est une option soumise à conditions, que vous devez demander. Pour vérifier si vous y êtes éligible, rapprochez-vous d’impots.gouv.fr.

Pour estimer ce que vous conserveriez réellement de votre chiffre d’affaires, le simulateur de cotisations d’indépendant donne un premier ordre de grandeur. Les règles détaillées figurent sur urssaf.fr.

Activités mixtes : comment répartir son chiffre d’affaires

Beaucoup de micro-entrepreneurs cumulent vente et prestations de services, par exemple un artisan qui fabrique et vend des objets et qui propose aussi des ateliers. Dans ce cas, deux conditions s’appliquent en même temps :

  • le chiffre d’affaires total (vente et services additionnés) ne doit pas dépasser 203 100 € ;
  • la part de prestations de services ne doit pas dépasser 83 600 €.

Voici quelques exemples chiffrés pour 2026 :

Vente Services Total Situation
150 000 € 50 000 € 200 000 € Sous les deux limites
100 000 € 90 000 € 190 000 € Plafond services dépassé
180 000 € 40 000 € 220 000 € Plafond global dépassé

Chaque type de chiffre d’affaires doit donc être distingué dans votre livre de recettes et dans vos déclarations. Cela sert aussi à appliquer le bon taux de cotisations à chaque activité. En cas de doute sur le classement d’une prestation (vente, service, hébergement), demandez conseil avant de facturer : certaines activités, comme la location meublée, suivent des règles spécifiques.

Première année d’activité et proratisation

Si vous démarrez en cours d’année, la durée d’activité sur l’année de création peut être prise en compte au moyen d’un prorata. C’est notamment le cas pour les seuils de TVA en cas de création d’activité. Son application aux autres plafonds dépend de votre situation : vérifiez-la sur impots.gouv.fr ou auprès d’un professionnel avant de vous appuyer sur un plafond ajusté.

Lorsqu’un prorata s’applique, le principe est de rapporter le seuil annuel au nombre de jours d’exercice sur l’année. Un début d’activité tardif peut alors réduire fortement la marge, alors que les premiers mois peuvent déjà générer des factures importantes.

Ce mécanisme concerne l’année de création. Pour les années suivantes, vous retrouvez des seuils annuels complets. Si votre démarrage est dynamique, estimez dès le départ votre chiffre d’affaires sur l’année civile et comparez-le aux limites qui vous concernent, plutôt que de découvrir le problème en fin d’exercice.

Ne pas confondre plafonds du régime micro et seuils de TVA

C’est la confusion la plus fréquente. Le plafond micro conditionne votre régime fiscal et social. Les seuils de TVA déterminent si vous facturez avec ou sans TVA (franchise en base). Ils sont distincts et ne se franchissent pas au même moment.

Activité Plafond micro 2026 Franchise en base de TVA 2026 Seuil de TVA majoré
Vente, restauration, hébergement 203 100 € 85 000 € 93 500 €
Prestations de services 83 600 € 37 500 € 41 250 €

Un prestataire de services peut donc rester au régime micro, car il est sous 83 600 €, tout en devenant redevable de la TVA dès qu’il dépasse les seuils de franchise. Le projet de seuil unique à 25 000 € a été abandonné : les seuils ci-dessus restent ceux en vigueur en 2026.

En pratique, le franchissement du seuil de TVA est souvent le premier événement à gérer. Les conséquences d’un dépassement du seuil de base et celles d’un dépassement du seuil majoré ne sont pas les mêmes, et la date à laquelle vous devez facturer la TVA dépend de votre situation. Les modalités exactes sont à vérifier sur impots.gouv.fr. Pour mesurer l’effet d’un prix hors taxes ou toutes taxes comprises, le calculateur de TVA est utile.

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Que se passe-t-il en cas de dépassement

Un dépassement ponctuel du plafond micro

Le principe général est le suivant : vous ne sortez du régime micro que si vous dépassez le plafond pendant deux années civiles consécutives. Un dépassement isolé, suivi d’une année sous le plafond, ne vous fait pas quitter le régime. Si le dépassement se répète deux années de suite, le régime réel s’applique ensuite. La date exacte de bascule est à confirmer auprès de l’administration fiscale.

Cette tolérance ne dispense pas de surveiller vos chiffres. Elle ne s’applique pas de la même manière à la TVA, et les règles peuvent comporter des nuances selon votre situation. Vérifiez-les sur impots.gouv.fr ou auprès d’un professionnel.

Ce que change le passage au régime réel

  • Comptabilité complète : enregistrement des recettes et des dépenses, bilan et compte de résultat, au lieu du simple livre de recettes.
  • Imposition sur le bénéfice réel : vos charges réelles deviennent déductibles, alors que le micro applique un abattement forfaitaire.
  • Cotisations sociales calculées sur le bénéfice : elles ne sont plus un pourcentage du chiffre d’affaires, comme les 12,3 %, 21,2 %, 25,6 % ou 23,2 % du micro-social.
  • Fin du versement libératoire de l’impôt sur le revenu.
  • TVA : le passage au réel s’accompagne généralement de déclarations de TVA plus régulières, si vous y êtes assujetti.

Le passage au réel n’est pas forcément défavorable. Si vos charges sont élevées (achats de marchandises, sous-traitance, véhicule, loyers), le régime réel peut même être plus avantageux. Tout dépend du rapport entre vos charges réelles et l’abattement forfaitaire du micro.

Anticiper le passage au réel avec un expert-comptable

Dès que vous atteignez environ les trois quarts de votre plafond, il est prudent de préparer la suite. Plusieurs décisions sont à examiner :

  1. Rester en entreprise individuelle en optant pour le régime réel, avec une comptabilité plus lourde mais une gestion simple.
  2. Créer une société (EURL, SASU, SARL, SAS), ce qui change la protection sociale, la rémunération et la fiscalité.
  3. Piloter le calendrier : date de bascule, régularisations, outils de facturation.

Le choix d’une société implique des paramètres à chiffrer. L’impôt sur les sociétés est de 15 % pour les PME éligibles sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis de 25 % au-delà. Les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, après la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Si vous vous versez un salaire, le simulateur de salaire brut/net vous aidera à estimer l’impact, sachant que le SMIC est de 1 867,02 € brut par mois à temps plein depuis le 1er juin 2026. Pour comparer les options, utilisez le simulateur micro-entreprise ou société, puis validez avec un professionnel.

Ne pas oublier la facturation électronique

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. L’émission est obligatoire depuis cette même date pour les grandes entreprises et les ETI, et le sera au plus tard le 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises. Les factures transitent par une plateforme agréée par l’État, que chaque entreprise doit choisir. Les micro-entrepreneurs en franchise de TVA sont aussi concernés. Un changement de régime est un bon moment pour faire ce choix en même temps que celui de votre logiciel de facturation.

Ce qu’un expert-comptable peut faire, et ce qu’il coûte

L’expertise comptable est une profession réglementée : seuls les experts-comptables inscrits à l’Ordre peuvent tenir une comptabilité contre rémunération. Les associations de gestion et de comptabilité constituent une autre option. Le recours à un expert-comptable n’est pas obligatoire, mais une société doit tenir une comptabilité conforme et déposer ses comptes, ce qui rend l’accompagnement très courant.

Les honoraires sont libres et fixés dans une lettre de mission. Ils varient selon le cabinet, le volume de pièces, la présence de salariés, la TVA, le niveau de conseil et la localisation. À titre indicatif, les prestations de base pour une petite structure se chiffrent généralement en dizaines à quelques centaines d’euros par mois, mais seuls des devis comparés donnent un chiffre fiable pour votre cas. Pour y voir clair, vous pouvez demander jusqu’à 3 devis gratuits à des cabinets de votre département. Vous pouvez aussi consulter l’annuaire par département. Pensez enfin au calendrier fiscal pour anticiper vos échéances lors du changement de régime.

Questions fréquentes

Quel est le plafond micro-entreprise en 2026 ?

Il est de 203 100 € pour la vente de marchandises, la restauration et l’hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. En activité mixte, le total ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € au maximum pour les services.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule année ?

En principe, vous restez au régime micro : la sortie intervient lorsque le plafond est dépassé deux années civiles consécutives, avec un passage au réel ensuite. Les seuils de TVA obéissent à des règles distinctes, à vérifier sur impots.gouv.fr.

Le plafond micro est-il le même que le seuil de TVA ?

Non. Les seuils de franchise en base de TVA en 2026 sont de 85 000 € pour la vente et l’hébergement, et de 37 500 € pour les services, avec des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €. Vous pouvez donc être redevable de la TVA tout en restant en micro-entreprise.

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