SMIC 2026 : 1 867,02 € brut et impacts sur vos paies

14/10/2026 · Paie et social

Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est de 1 867,02 € brut par mois pour un salarié à temps plein. Aucun de vos salariés ne peut être rémunéré en dessous de ce montant, au prorata de son temps de travail. Cet article vous aide à vérifier vos contrats, à mesurer l’effet sur vos minima conventionnels et votre coût employeur, et à mettre votre paie à jour.

Le montant du SMIC mensuel brut depuis le 1er juin 2026

Le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) est fixé en taux horaire. Pour un salarié à temps plein, soit 35 heures par semaine ou 151,67 heures par mois, la rémunération minimale est de 1 867,02 € brut depuis le 1er juin 2026.

Le SMIC est revalorisé chaque année au 1er janvier. Il peut aussi l’être en cours d’année, lorsque l’inflation constatée dépasse un seuil fixé par la loi. La date du 1er juin 2026 est donc une date de bascule à repérer dans votre calendrier de paie. Le taux horaire officiel et les textes de référence sont publiés sur service-public.fr.

Ce montant est un brut. Le net perçu par le salarié dépend de ses cotisations salariales et de sa situation. Pour estimer le passage du brut au net, vous pouvez utiliser le simulateur salaire brut/net.

Vérifier que chaque contrat reste au-dessus du minimum

La vérification porte sur chaque bulletin de paie, pas seulement sur les contrats signés à l’embauche. Un salarié embauché au SMIC ou un peu au-dessus peut passer sous le minimum après une revalorisation si son salaire n’est pas ajusté.

Ce que vous comparez au SMIC

Le contrôle se fait sur la rémunération brute de base, à laquelle s’ajoutent les éléments qui rémunèrent le travail effectué, comme certaines primes de rendement ou les avantages en nature. En revanche, certains éléments n’entrent pas dans la comparaison :

  • les majorations pour heures supplémentaires ou complémentaires ;
  • les remboursements de frais professionnels ;
  • les sommes de participation et d’intéressement ;
  • les primes qui ne rémunèrent pas la contrepartie directe du travail, selon leur nature.

Le traitement de certaines primes dépend de leur nature, de la convention collective et de la jurisprudence. En cas de doute, demandez à votre expert-comptable ou à votre gestionnaire de paie.

La méthode en quatre étapes

  1. Listez les salariés dont le salaire de base est proche du minimum, au-dessus comme en dessous.
  2. Calculez le minimum applicable à chacun : 1 867,02 € brut pour un temps plein, au prorata de la durée du contrat sinon.
  3. Comparez avec le brut retenu pour la comparaison, hors éléments exclus.
  4. Régularisez sans attendre en cas d’écart, y compris si l’écart concerne des périodes déjà payées depuis le 1er juin.

Un salaire inférieur au minimum légal expose l’employeur à un rappel de salaire et à des sanctions. Cette vérification mérite donc d’être faite à chaque revalorisation.

Impact sur les grilles de salaires et les minima conventionnels

Votre convention collective fixe des minima par niveau ou par coefficient. Lorsque le SMIC augmente, les premiers niveaux de certaines grilles peuvent se retrouver en dessous du SMIC, le temps que la branche renégocie. Dans ce cas, c’est le SMIC qui s’applique : vous ne pouvez pas vous référer à un minimum conventionnel inférieur.

Cette situation a deux conséquences concrètes :

  • Des salariés de coefficients différents au même salaire. Si plusieurs niveaux de la grille passent sous le SMIC, ils sont tous payés au même montant. Cela peut créer des tensions, notamment avec des salariés plus qualifiés ou plus anciens.
  • Une pression sur les salaires juste au-dessus. Pour conserver un écart de rémunération entre les niveaux, vous pouvez décider de revaloriser aussi les salaires supérieurs. Cette décision est à arbitrer selon votre budget et votre politique salariale.

Consultez le texte de votre convention collective et ses derniers avenants, accessibles sur legifrance.gouv.fr. Si votre entreprise applique ses propres grilles internes, vérifiez que chaque échelon reste cohérent avec le nouveau plancher.

Temps partiel, apprentis et cas particuliers

Le temps partiel

Le SMIC s’applique au prorata de la durée de travail prévue au contrat. La formule : 1 867,02 € × (heures mensuelles du contrat ÷ 151,67). Quelques repères, hors heures complémentaires ou supplémentaires :

Durée du contrat Heures mensuelles Minimum brut mensuel
Temps plein (35 h) 151,67 h 1 867,02 €
80 % d’un temps plein environ 121,34 h 1 493,62 €
Mi-temps environ 75,83 h 933,51 €

Pour un salarié dont les horaires varient d’un mois à l’autre, vérifiez le brut sur chaque période de paie. Les heures complémentaires et supplémentaires s’ajoutent, avec leurs majorations, dont le taux dépend de la loi et de votre convention collective.

Apprentis et contrats en alternance

Les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation ne sont pas payés au SMIC plein. Leur rémunération est un pourcentage du SMIC, variable selon leur âge et leur année d’exécution du contrat. Elle peut aussi être supérieure si la convention collective le prévoit. Comme ce pourcentage s’applique à un SMIC revalorisé, leur salaire minimum évolue aussi. Les barèmes à jour figurent sur service-public.fr et travail-emploi.gouv.fr.

Autres situations à surveiller

  • Salariés rémunérés au forfait ou à la commission : la rémunération totale du mois doit atteindre le minimum, même si l’activité est faible.
  • Avantages en nature (repas, logement) : ils peuvent compter dans la comparaison, mais l’évaluation suit des règles précises.
  • Salariés au forfait en jours ou en heures : le minimum se calcule selon les règles propres à leur forfait et à votre convention.
  • Stagiaires : ils ne sont pas salariés. Leur gratification suit une règle distincte du SMIC.

Ces cas ont des règles spécifiques qui varient selon le contrat et la branche. Un expert-comptable ou un gestionnaire de paie peut les valider avec vous.

Trouvez l’expert-comptable adapté à votre entreprise

Décrivez votre activité en 3 minutes : jusqu’à 3 cabinets de votre département vous envoient un devis. Gratuit et sans engagement.

Recevoir mes devis gratuits →

Conséquences sur le coût employeur

Le coût d’un salarié ne se limite pas au brut. À ce montant s’ajoutent les cotisations patronales, auxquelles s’ajoutent d’éventuels avantages, comme une mutuelle ou des titres-restaurant. Quand le SMIC monte, le coût d’un salarié payé au minimum monte donc davantage que le seul brut.

Plusieurs éléments modifient le résultat :

  • Les allègements de cotisations sur les bas salaires. Ils réduisent la charge patronale autour du SMIC, mais leurs paramètres sont revus régulièrement. Vérifiez les règles en vigueur sur urssaf.fr plutôt que de reprendre un calcul de l’an dernier.
  • La revalorisation des salaires supérieurs, si vous maintenez les écarts entre les niveaux.
  • Les heures supplémentaires, dont le coût suit l’augmentation du taux horaire.
  • Les éléments indexés sur le SMIC dans vos contrats, accords ou conventions.

Pour budgéter, partez de votre masse salariale actuelle. Recalculez les bulletins des salariés proches du SMIC, ajoutez les revalorisations que vous décidez de répercuter, puis simulez les cotisations avec les paramètres à jour. Sur douze mois, l’effet se mesure sur la période restant après le 1er juin. Votre prévisionnel de trésorerie doit intégrer ce surcoût.

Si vous externalisez la paie, sachez que la tenue des bulletins est souvent facturée à l’unité ou au forfait, selon le cabinet. Les honoraires sont libres et fixés dans une lettre de mission. Comparez plusieurs propositions en précisant votre nombre de salariés et la fréquence de vos mouvements de personnel.

Check-list de mise à jour de la paie

  1. Paramétrer le nouveau SMIC dans votre logiciel de paie : 1 867,02 € brut pour 151,67 heures, avec effet au 1er juin 2026.
  2. Repérer les salariés concernés : ceux au SMIC, proches du SMIC, à temps partiel ou en alternance.
  3. Contrôler les minima de votre convention collective et relever les niveaux passés sous le SMIC.
  4. Régulariser les bulletins déjà édités depuis le 1er juin si l’ancien montant a été appliqué.
  5. Vérifier les allègements de cotisations et les paramètres de cotisations à jour dans votre logiciel.
  6. Décider de la politique salariale pour les salaires supérieurs et informer vos salariés si nécessaire.
  7. Mettre à jour la DSN : elle est à transmettre le 5 du mois pour les entreprises de 50 salariés et plus, le 15 pour celles de moins de 50 salariés.
  8. Actualiser votre budget et votre prévisionnel de trésorerie. Notez les échéances dans le calendrier fiscal.
  9. Conserver une trace des vérifications, utile en cas de contrôle.

Le recours à un expert-comptable n’est pas obligatoire pour établir vos paies. Toutefois, si vous manquez de temps ou si vos situations sont complexes, vous pouvez lui déléguer tout ou partie de la gestion sociale. Seuls les experts-comptables inscrits à l’Ordre peuvent tenir la comptabilité contre rémunération, et les associations de gestion et de comptabilité constituent une autre option. Vous pouvez demander un devis gratuit à jusqu’à trois cabinets de votre département, ou parcourir l’annuaire par département.

Questions fréquentes

Le SMIC de 1 867,02 € s’applique-t-il à tous mes salariés ?

Il s’applique comme minimum à tout salarié à temps plein du secteur privé, au prorata pour un temps partiel. Les apprentis et les contrats de professionnalisation suivent des barèmes en pourcentage du SMIC, qui dépendent de l’âge et de l’ancienneté du contrat.

Que faire si mon minimum conventionnel est inférieur au SMIC ?

Vous devez payer au moins le SMIC, qui prime sur le minimum conventionnel. Surveillez les avenants de votre branche, qui relèvent les grilles, et examinez si vous devez ajuster les salaires supérieurs pour conserver des écarts entre les niveaux.

Quel est l’impact du SMIC sur le coût employeur ?

Le coût augmente d’au moins le brut supplémentaire et des cotisations patronales associées, avec des allègements possibles sur les bas salaires dont les paramètres évoluent. Simulez avec les règles à jour sur urssaf.fr, ou demandez un chiffrage à votre expert-comptable.

Vous cherchez un expert-comptable pour votre entreprise ?

Recevez jusqu’à 3 devis de cabinets d’expertise comptable de votre département. Gratuit, sans engagement, en 2 minutes.

Demander un devis gratuit →